
Gibara
Gibara
Surnommée la ville blanche, Gibara dévoile une Cuba authentique entre architecture coloniale, grottes karstiques, plages désertes et festival de cinéma.
Surnommée « la ville blanche », Gibara est une petite municipalité côtière du nord-ouest de la province de Holguin. Ses façades chaulées, ses fabriques de cigares et ses anciens drugstores composent un centre historique attachant, classé monument national en 2004. Loin des circuits balnéaires de Varadero, cette ancienne ville coloniale séduit les voyageurs en quête d'une Cuba authentique, entre baie atlantique, grottes karstiques et plages désertes.
Pays | Cuba (province de Holguin) |
|---|---|
Surnom | La ville blanche |
Population | 4ᵉ municipalité de la province |
Superficie | 636 km², dont 50 % de zones karstiques |
À voir absolument | Parc Calixto Garcia, Cueva de los Panaderos, Playa Caletones |
Meilleure saison | De mi-novembre à début mai |
Événement phare | Festival international du film Humberto Solas |
Statut | Centre historique classé monument national (2004) |
Histoire de Gibara
Selon les hypothèses, Gibara proviendrait du mot Jibá, une espèce d'arbre de la région. Une autre piste renvoie au terme Jíbaro, d'origine indienne, signifiant « rustique et indomptable ». Ces deux étymologies disent déjà beaucoup du caractère de la ville.
Durant l'époque coloniale, Gibara était un village de pêcheurs entouré de remparts, dont seuls quelques vestiges subsistent aujourd'hui. La ville fut aussi l'une des premières zones de contact entre les cultures européenne et aborigène de l'île.
Le 1ᵉʳ novembre 1492, Christophe Colomb envoya des marins en reconnaissance pour entrer en communication avec les indigènes, tandis que ses caravelles attendaient dans la baie. Officiellement fondée en 1817, Gibara devint ensuite un point de passage important pour l'acheminement du cèdre et de l'acajou, grâce à son port et à la proximité des cours d'eau.
Gibara aujourd'hui : pêche, écotourisme et cinéma
La ville reste un centre de pêche actif, qui prospère également grâce à l'élevage et au commerce portuaire. Son charme et son authenticité la poussent à se tourner progressivement vers l'écotourisme, sans rien perdre de son rythme tranquille.
Gibara concentre l'un des plus beaux ensembles architecturaux de la province de Holguin. Le musée d'histoire naturelle, le musée d'Art, le musée d'histoire municipal et l'église de San Fulgencio rythment la visite. La bibliothèque publique Armando Leyva Balaguer occupe la plus ancienne édification de toute la province. Malgré les dégâts causés par l'ouragan Ike en 2008, la ville s'est progressivement reconstruite.
Géographiquement, Gibara couvre 636 km² dont près de la moitié en zones karstiques, avec plus d'une centaine de grottes propices à la spéléologie à Cuba.
Chaque année, Gibara accueille le Festival international du film Humberto Solas, qui rassemble habitants et artistes internationaux autour d'un défilé sur la rue de l'Indépendance. L'événement, qui ne cesse de gagner en notoriété, fait de cette petite ville côtière une halte culturelle inattendue à Cuba.
Que faire à Gibara : sites et expériences
Le parc Calixto Garcia
Cette place centrale doit son nom au général Calixto Garcia. Bordée de chênes, elle exprime à elle seule l'identité des habitants de Holguin. En son centre se dresse une statue en marbre importée d'Italie. Le Monument aux Mères, premier prix d'un concours provincial, a été réalisé par le sculpteur Mario Santi. Juste en face, la statue de la Liberté côtoie l'église de San Fulgencio.
Tout autour, plusieurs demeures de notables méritent un détour : La Periquera, la Maison bleue, le foyer de Doña Ana Victoria de Ávila ou encore la résidence de la famille Leal y Grave de Peralta, devenue le Théâtre Commandant Eddy Suñol. L'ancienne maison de la Culture Manuel Dosieto Aguiler complète cet ensemble patrimonial.
La batterie Fernando VII
Première fortification de la ville, la batterie Fernando VII servait à la fois de défense et de refuge aux habitants de Gibara face aux attaques venues de la mer. Le site offre une plongée dans l'histoire militaire coloniale et permet de rejoindre le fameux promontoire de la « Punta de Yarey », qui domine la baie. C'est aussi un excellent point de vue pour comprendre la topographie de la ville et son rôle stratégique pour la Couronne espagnole au XIXᵉ siècle.
Cueva de los Panaderos (grotte des Boulangers)
Le site comporte un système de grottes appelé La Polja de Cementerio. Il compte 19 galeries qui s'étendent sur plus de 2 km, avec un long sentier souterrain. Vous y observerez des formations secondaires aux contours irréguliers, dont l'une évoque la silhouette du fantôme de cinéma Casper. L'intérieur est tapissé d'épaisses stalactites et stalagmites, dessinant des formes proches d'animaux préhistoriques ou de groupes humains.
32 mètres plus bas se niche un second réseau de galeries. Le chemin descend jusqu'au niveau de la mer et débouche sur des cours d'eau souterrains, où vivent des créatures aquatiques adaptées à l'obscurité. Le lieu abrite aussi plusieurs espèces de chauves-souris, ainsi que des espèces endémiques comme le pseudo-scorpion et le grillon des cavernes. Une étape phare pour les amateurs de spéléologie à Cuba.
Les plages de Gibara
Direction la Playa Caletones, à 15 km à l'ouest de la ville. Au bout d'une piste tracée se cache un minuscule village de pêcheurs. Bars, restaurants et petits centres culturels diffusant de la musique traditionnelle bordent la plage. L'ambiance est détendue, populaire, très éloignée des resorts touristiques.
Deux sites complètent l'expérience pour les amateurs de plongée : le Tanque Azul de Caletones, une grotte immergée aux eaux d'un bleu profond, et Cayo Naranjo, ancré dans la baie, qui fonctionne comme un véritable aquarium en pleine mer.
La Playa Blanca ne se rejoint qu'en bateau depuis le port de Gibara. Véritable havre de paix réservé aux amoureux de nature, elle se prête aussi bien à une longue balade qu'à une journée de farniente sur le sable.
Climat et meilleure période pour visiter Gibara
Gibara connaît deux saisons bien distinctes. L'été (mai à octobre) est marqué par une chaleur intense, des journées longues et un ciel souvent couvert, avec un risque cyclonique entre août et octobre. L'hiver (novembre à avril) est sec, venteux et bien dégagé, avec des températures rarement inférieures à 18 °C.
La meilleure période pour visiter Gibara s'étend de mi-novembre à début mai. Vous profitez alors d'un climat doux pour explorer le centre historique, randonner dans les grottes et naviguer vers les plages. Avril présente l'avantage d'une mer calme et d'une fréquentation touristique encore très limitée.
Accès et transports
Comment rejoindre Gibara
L'aéroport international le plus proche est celui de Holguin (Frank País), à environ 35 km au sud. Comptez 45 minutes en taxi entre l'aéroport et le centre de Gibara. Depuis La Havane, prévoyez environ 10 heures de route en taxi ou en véhicule de location, ou un vol intérieur jusqu'à Holguin suivi d'un transfert.
Se déplacer dans Gibara
Gibara se visite très facilement à pied : le centre historique se parcourt en une demi-journée. Pour rejoindre les plages et les grottes, plusieurs options s'offrent à vous :
Taxi collectif ou privé : nombreuses compagnies disponibles en ville.
Bici-taxi : environ 5 pesos pour une course en centre-ville, idéal pour les courtes distances.
Voiture de location : disponible auprès des grandes agences internationales basées à Holguin.
Bateau : seul moyen pour rejoindre la Playa Blanca, depuis le port de Gibara.
Où dormir à Gibara ?
L'hébergement à Gibara passe quasi exclusivement par les casas particulares, ces maisons d'hôtes chez l'habitant qui font le sel d'un voyage à Cuba. Trois profils principaux se dégagent :
Casa particular simple (15-30 € la nuit) : chambre chez l'habitant dans une maison du centre, petit-déjeuner souvent inclus, accueil chaleureux et conseils précieux pour explorer la région.
Casa de charme (40-70 € la nuit) : maisons coloniales rénovées avec patio, parfois vue sur la baie, dîners maison à base de poisson frais et confort supérieur.
Hébergement haut de gamme : très rare à Gibara même. Les voyageurs en quête d'options premium logeront plutôt à Guardalavaca ou à Holguin.
Réservez à l'avance pendant le Festival du film Humberto Solas, période durant laquelle les casas affichent vite complet.
Conseils insider de notre expert local
Notre expert local de l'agence partage quelques recommandations pour profiter pleinement de Gibara :
Montez au mirador de Gibara au coucher du soleil : la vue sur la baie et les façades blanches s'embrase d'une lumière orangée magnifique pour les photos.
Visitez la Cueva de los Panaderos avec un guide local : les boyaux ne sont pas balisés et certaines galeries demandent un accompagnement. Prévoyez chaussures fermées, lampe frontale et eau.
Goûtez le poisson grillé chez les pêcheurs de Caletones : les petits paladars en bord de plage servent les prises du jour à des prix très accessibles.
Changez vos euros à Holguin : Gibara compte peu de bureaux de change, et les casas n'acceptent que le cash en pesos cubains.
Si vous le pouvez, calez votre séjour sur le festival du film (généralement en avril) : la ville s'anime alors d'expositions, projections en plein air et concerts.
Gibara est faite pour vous si…
Vous cherchez une Cuba authentique, loin des stations balnéaires et du tourisme de masse.
Vous êtes sensible à l'architecture coloniale et aux petites villes de caractère.
Vous aimez la spéléologie, la plongée ou la randonnée dans des paysages karstiques.
Vous voulez vivre l'expérience casa particular dans son meilleur format : convivial et personnalisé.
Vous êtes cinéphile et la perspective d'un festival de cinéma indépendant à Cuba vous séduit.
En revanche, si vous recherchez des resorts tout inclus, des plages aménagées ou une vie nocturne intense, mieux vaut combiner Gibara avec une étape à Guardalavaca ou Varadero.
FAQ — Visiter Gibara à Cuba
Questions fréquentes
Deux à trois jours suffisent pour découvrir le centre historique, explorer la Cueva de los Panaderos et profiter d'une journée à la Playa Caletones. Comptez un jour supplémentaire si vous souhaitez rejoindre la Playa Blanca en bateau ou plonger à Cayo Naranjo.
La distance entre Holguin et Gibara est d'environ 35 km. Le moyen le plus simple est le taxi collectif ou privé, pour un trajet d'environ 45 minutes. Vous pouvez aussi louer une voiture à l'aéroport Frank País de Holguin.
Le Festival international du film Humberto Solas se tient généralement en avril. Il rassemble des artistes cubains et internationaux autour de projections, expositions et défilés dans la rue de l'Indépendance. Les casas particulares affichent rapidement complet pendant l'événement.
Le surnom vient de la couleur de ses façades coloniales chaulées, qui dominent l'architecture du centre historique. Cet ensemble exceptionnel a valu à Gibara son classement comme monument national en 2004.
Oui, c'est même l'un des grands attraits de la région. La municipalité compte plus d'une centaine de grottes, dont la fameuse Cueva de los Panaderos avec ses 19 galeries sur 2 km. Un guide local est indispensable pour explorer les sections les plus profondes.
La Playa Caletones, à 15 km à l'ouest, est la plus accessible et la plus animée, avec ses bars de pêcheurs. Pour une expérience plus sauvage, la Playa Blanca, accessible uniquement en bateau depuis le port de Gibara, est un véritable havre de paix.
À découvrir aussi
Gibara s'intègre parfaitement dans un itinéraire plus large à travers Cuba, entre La Havane, Trinidad et la côte est. Combinez votre étape avec la province voisine de Holguin pour une découverte complète du nord-est cubain, entre patrimoine colonial, plages et nature karstique.
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