Musée Pharmaceutique

Musée Pharmaceutique

Musée Pharmaceutique

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Culture & patrimoineHistoireMusées6 min de lecture

À Matanzas, le Museo Farmacéutico conserve dans son état d'origine une pharmacie de 1882, premier musée pharmaceutique d'Amérique latine, classé UNESCO en 2025.

Au cœur de Matanzas, surnommée « l'Athènes de Cuba », le Museo Farmacéutico conserve dans son état d'origine une officine du XIXe siècle. Derrière sa façade néoclassique, étagères en cèdre, flacons en verre coloré, registres manuscrits et table de préparation primée à Paris en 1900 racontent l'histoire d'une pharmacie familiale active pendant 82 ans, devenue en 1964 le premier musée pharmaceutique d'Amérique latine.

Pourquoi visiter le Musée pharmaceutique de Matanzas ?

Le lieu présente trois intérêts complémentaires. D'abord, un décor authentique : le mobilier, les colonnes, les étagères gravées « Botanica francesa de E. Triolet » et les pots en porcelaine française (albarelos) sont restés en place depuis l'ouverture en 1882. Ensuite, un fonds documentaire de premier plan, inscrit en avril 2025 au registre Mémoire du monde de l'UNESCO (Amérique latine et Caraïbes) pour ses livres d'ordonnances. Enfin, une plongée concrète dans la pharmacopée du XIXe siècle, avec plus de 150 types de remèdes préparés sur place.

Le musée est classé Monument National depuis 2007 (Grade de Protection I) et a reçu le Prix National de Restauration en 2008. Comptez 1h à 1h30 de visite, davantage avec une visite guidée détaillée.

Histoire de la Botica Francesa

Une fondation française à Matanzas

L'histoire commence en janvier 1882, lorsque le pharmacien français Ernesto (Enrique) Triolet Lefevre, originaire de Lissy, et son associé cubain Juan Fermin de Figueroa fondent une pharmacie moderne face à l'ancienne Plaza de Armas (aujourd'hui Parque de la Libertad), sur la calle Milanés. Le bâtiment, conçu spécialement pour abriter une officine, illustre l'architecture domestique néoclassique de la fin du XIXe siècle : pierre de taille, patio central, rez-de-chaussée commercial et étage résidentiel.

Une officine de référence pendant 82 ans

La Botica Francesa devient rapidement une référence cubaine, livrant à domicile élixirs, sirops, pommades et teintures. La direction reste familiale : Dolores Figueroa, épouse de Triolet et première femme docteure en pharmacie de Cuba, prend la suite, puis leur neveu Ernesto Valdés Figueroa, et enfin Ernesto Luis Triolet Figueroa (né en 1893, docteur en pharmacie en 1914), qui exerce jusqu'à la nationalisation. Toutes les prescriptions sont consignées à l'encre ferrogallique (à base de noix de galle et de fer), garantissant la lisibilité de plus de 500 000 formules pharmaceutiques encore aujourd'hui.

Du laboratoire au musée

La pharmacie est nationalisée le 16 janvier 1964. Quelques mois plus tard, le 1er mai 1964, elle rouvre comme premier musée pharmaceutique d'Amérique latine, sous l'impulsion de l'historien Israel Moliner Rendón et du directeur des arts plastiques Pedro Esquerré. Ernesto Luis Triolet, dernier propriétaire, devient le premier conservateur et continue d'habiter l'étage. À partir de 2003, des travaux de restauration approfondis sont engagés sur les colonnes, les peintures murales, le mobilier et les flacons, dans le respect du décor d'origine.

Que voir dans le musée ?

La salle principale et la rebotica

La pièce d'apparat conserve son comptoir, ses étagères en cèdre et son alignement de pots peints à la main portant encore les noms d'anciens composants : houblon, anis étoilé, racine de belladone, triaca magna, copal. Les flacons en verre coloré, fabriqués aux États-Unis, complètent un ensemble d'une cohérence rare.

La table de préparation primée à Paris

Pièce maîtresse du laboratoire, la table de préparation des médicaments a été conçue par Triolet en jocuma jaune, un bois cubain. Longue de 5,51 mètres, dotée de 32 tiroirs et accompagnée de balances, mortiers en marbre, moules à suppositoires et piluliers, elle a été primée à l'Exposition universelle de Paris en 1900.

Les remèdes maison

Plus de 150 préparations étaient produites sur place. Parmi les plus emblématiques : le sirop de café composé contre l'asthme et la bronchite, l'huile de scorpions, le baume tranquillisant, la teinture de benjoin et la crème de miel de rosée. Certaines recettes mises au point par Triolet se transmettent encore oralement.

La collection documentaire

Le musée conserve 55 registres manuscrits totalisant environ 1,5 million de formules pharmaceutiques issues des pharmacopées espagnole, française, nord-américaine et cubaine. Numérisés, ces documents continuent d'être consultés par des étudiants et chercheurs. C'est cette collection qui a justifié l'inscription au registre Mémoire du monde de l'UNESCO en avril 2025. L'ensemble du fonds muséal dépasse les 5 millions d'objets : instruments, bocaux, étiquettes, livres et meubles.

La lanterne de garde

Accrochée à la façade depuis 1882, la lanterne de garde est allumée chaque lundi soir pour signaler le service de nuit, comme à l'époque de la Botica Francesa.

Informations pratiques

Le musée se situe sur la calle Milanés, en bordure du Parque de la Libertad, au centre historique de Matanzas. Il ouvre tous les jours, généralement en matinée et début d'après-midi, avec des plages réduites le dimanche : vérifiez les horaires en vigueur le jour même, ils évoluent selon la saison. Le tarif reste modique pour les visiteurs étrangers ; un supplément modeste s'applique pour la prise de photos et pour la visite guidée, qui apporte une vraie valeur ajoutée compte tenu de la densité d'objets exposés.

Comment s'y rendre ?

Matanzas se trouve à environ 100 km à l'est de La Havane et à 35 km à l'ouest de Varadero. Plusieurs options existent :

  • Depuis La Havane : bus Viazul (environ 3 heures), taxi collectif ou voiture de location par l'autoroute Via Blanca.

  • Depuis Varadero : taxi, excursion organisée ou bus local (45 minutes à 1 heure).

  • Train Hershey : ligne historique entre Casablanca (La Havane) et Matanzas, lente mais pittoresque, à privilégier pour le voyage en lui-même.

Le musée est ensuite à quelques minutes à pied depuis le centre, en plein cœur de la vieille ville.

À combiner dans la région

Matanzas se prête bien à une journée d'exploration culturelle. Aux abords du musée, le Parque de la Libertad, le théâtre Sauto et la cathédrale méritent un détour. Pour prolonger le voyage à Cuba, plusieurs sites complètent utilement la visite :

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Comptez 1h à 1h30 pour une visite attentive. Avec une visite guidée détaillée et la consultation des registres, vous pouvez facilement y passer 2 heures.

Oui. La densité d'objets et la profondeur historique du lieu rendent la visite guidée particulièrement utile, en français, espagnol ou anglais selon disponibilité.

Oui, Matanzas est à 35 km de Varadero. La plupart des excursions à la journée incluent le musée pharmaceutique, le Parque de la Libertad et les grottes de Bellamar.

Oui, moyennant un supplément modeste à régler à l'entrée. Le flash est généralement déconseillé pour préserver les objets anciens.

Préparer votre voyage

Le musée pharmaceutique s'inscrit naturellement dans un itinéraire culturel cubain mêlant La Havane, Matanzas, Cienfuegos et Trinidad. Pour bâtir un séjour sur mesure, consultez nos voyages à Cuba et leurs étapes patrimoniales.

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