Laguna Guanaroca

Laguna Guanaroca

Laguna Guanaroca

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Faune & biodiversitéHistoireRivièresÎlesForêtsOiseaux6 min de lecture

Lagune saumâtre à 12 km de Cienfuegos, refuge de faune protégé célèbre pour ses flamants roses, ses mangroves et la légende siboney qui lui a donné son nom.

À 12 km à l'est de Cienfuegos, dans le centre-sud de Cuba, la Laguna Guanaroca est un lac saumâtre de 2,2 km² formé par le fleuve Arimao avant qu'il ne rejoigne la baie de Cienfuegos par un canal de 900 mètres. Cet écosystème mixte, alimenté à la fois par les eaux douces des rivières et les eaux salées de la baie de Jagua, abrite l'une des plus grandes colonies de flamants roses de Cuba et constitue un site écologique et culturel majeur de la province.

Pourquoi visiter la Laguna Guanaroca ?

La lagune fait partie du Refuge de faune Laguna Guanaroca - Yaguanabo - El Nicho, un ensemble protégé de plus de 3 000 hectares de terres et d'eaux marines. C'est la seule zone de ce statut dans la province de Cienfuegos, et l'une des rares de Cuba où l'on observe à courte distance les flamants roses sur leur site de gagnage.

Au-delà de l'avifaune, la lagune cumule un intérêt écologique (espèces endémiques et menacées), historique (présence coloniale précoce sur Cayo Ocampo) et mythologique (récits siboney sur l'origine des eaux). La visite, encadrée par un guide local, dure environ deux heures et combine marche et navigation en barque à rames à travers les mangroves.

Histoire et légende

La légende siboney de Guanaroca

Pour le peuple aborigène siboney, la lagune est née d'un drame fondateur. Selon le récit, Guanaroca, première femme sur Terre, fut créée par Mayora, la Lune. Elle s'unit à Hamao, premier homme engendré par Huion, le Soleil. De leur union naquit Imao. Rongé par la jalousie, Hamao enleva l'enfant, le cacha dans une calebasse (güiro) et l'abandonna dans la forêt, où il mourut.

Lorsque Guanaroca retrouva la calebasse et le corps de son fils, ses larmes formèrent les rivières, les mers et la lagune qui porte son nom. La calebasse, en tombant, libéra une vie marine foisonnante. Pour les Siboney, Guanaroca est aussi la créatrice de la rosée et la protectrice de l'amour.

Cayo Ocampo et la conquête espagnole

Au cœur de la réserve, l'îlot de Cayo Ocampo doit son nom à un navigateur espagnol ayant contourné Cuba. Entre 1513 et 1514, il aurait accueilli le quartier général de Diego Velásquez et de ses capitaines : c'est depuis ce point que fut prise la décision de fonder Trinidad et Sancti Spíritus. Le premier gouverneur espagnol de l'île y serait également passé en 1515. L'îlot est par ailleurs considéré comme une origine possible du nom Jagua, autrefois donné à la région.

Ce qu'il y a à voir

Les flamants roses et l'avifaune

La réserve recense environ 170 espèces d'oiseaux, dont 8 endémiques. Les colonies de flamants roses comptent parmi les plus importantes de Cuba, observables depuis les rives et les plateformes aménagées. On y croise aussi pélicans, hérons, ibis, canards sauvages, todiers et le tocororo (trogon cubain), oiseau national du pays.

Flore et mangroves

La lagune est bordée de mangroves bien conservées et de 65 espèces de plantes endémiques recensées. Parmi les essences présentes : avocatiers, citronniers, poiriers, ainsi que le güira, dont le fruit séché sert à fabriquer les maracas, instrument emblématique de la musique cubaine.

Faune terrestre et aquatique

La réserve documente plus de 200 espèces d'animaux et d'insectes : 7 mammifères, 3 amphibiens, 11 reptiles, environ 600 mollusques marins et près de 100 espèces de poissons, crustacés et tortues. Deux espèces menacées y ont été observées : le lamantin antillais et la tortue imbriquée (carey). La lagune accueille également des zones de repeuplement pour les hutias et les iguanes.

Conservation

L'équilibre du milieu est fragile : les espèces aquatiques comme les crevettes blanches, tilapias, mojarras et robalos sont sensibles à la salinité. Le CITMA (ministère cubain de l'environnement) supervise les actions de reboisement, la protection des palétuviers et l'entretien manuel des canaux alimentés par l'Arimao, afin de garantir un apport suffisant d'eau douce.

Informations pratiques

L'accès à la lagune se fait uniquement avec un guide local, et un droit d'entrée s'applique. Comptez environ deux heures de visite. Le parcours commence à pied, par le Sentier des Güiras, qui mène à l'embarcadère à travers arbres fruitiers et zones forestières fréquentées par les colibris. La seconde partie se déroule en barque à rames, à travers les chenaux des mangroves jusqu'à l'autre rive.

Prévoyez chapeau, lunettes de soleil, crème solaire, eau et répulsif anti-moustiques : la végétation dense et l'absence de toit sur les barques exposent aux insectes et au soleil. Des jumelles sont vivement recommandées pour l'observation des oiseaux.

Quand y aller ?

La meilleure période pour l'observation des oiseaux se situe en hiver et au printemps, lorsque les migrations sont actives et que l'avifaune est la plus diversifiée. Tôt le matin, l'activité des oiseaux est maximale et la lumière favorable. Pendant la saison des pluies (été), les moustiques sont plus présents et certains sentiers peuvent être humides.

Comment s'y rendre ?

La lagune se trouve à 12 km à l'est de Cienfuegos, sur la route reliant la ville à Rancho Luna. Depuis le centre de Cienfuegos, comptez une vingtaine de minutes en taxi ou en voiture de location. Aucun transport public régulier ne dessert directement le site : les visiteurs passent généralement par un taxi à la course, un taxi collectif ou une excursion organisée. Le départ se fait depuis l'accueil du refuge, au début du Sentier des Güiras.

À voir aux alentours

La région de Cienfuegos offre plusieurs sites complémentaires à une visite de la lagune :

  • Château de Jagua : forteresse coloniale du XVIIIe siècle qui surveille l'entrée de la baie de Cienfuegos.

  • Cienfuegos : son centre historique inscrit à l'UNESCO, le Paseo del Prado et la Punta Gorda.

  • Cueva de los Portales : grotte historique située plus à l'ouest, dans la province de Pinar del Río.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Non. L'accès au site protégé se fait uniquement accompagné d'un guide local du refuge, avec paiement d'un droit d'entrée.

Comptez environ deux heures, réparties entre une marche sur le Sentier des Güiras et une navigation en barque à rames à travers les mangroves.

Les flamants roses sont présents toute l'année, mais leur nombre et leur proximité varient selon la marée, l'heure et la saison. L'hiver et le printemps offrent les meilleures conditions d'observation.

Oui, le parcours est court et la barque à rames permet une navigation calme. Prévoyez toutefois protection solaire et anti-moustiques, et un peu d'eau pour la marche.

L'hiver et le printemps coïncident avec les migrations et offrent la plus grande diversité d'oiseaux. Tôt le matin reste le moment le plus propice, toutes saisons confondues.

Préparer votre voyage

La Laguna Guanaroca s'intègre naturellement à un itinéraire dans la province de Cienfuegos, en complément du château de Jagua et du centre historique de la ville. Pour construire un séjour sur mesure incluant ce site et d'autres étapes naturelles ou patrimoniales du pays, consultez nos idées de voyage à Cuba.

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